La cruauté humaine #2

J’ai souvent écrit sur le bien et le mal, un bien pour un mal où le mal se porte bien. Oui, j’ai déjà tenu une chronique sur la cruauté humaine, mais il semble que celle-ci soit déjà dépassée, tant la folie humaine est toujours plus créative, plus innovante.

Il y a de la beauté dans le dépassement de soi. Mais là, il semblerait que l’homme a trouvé vocation à s’entretuer. Comme dit précédemment, J. Anthony Foudre résume bien la situation en disant que “les animaux sauvages ne tuent jamais par sport, l’homme est la seule créature pour qui la torture et la mort de ses semblables est une distraction”.

Plus les conflits se répètent et plus on s’en prend à des cibles innocentes. La Première Guerre mondiale a été une guerre de tranchées où deux armées se faisaient front « loin » des villes (52% de militaires tués contre 48% de civils). Un cran au-dessus, la Seconde Guerre mondiale a décimé 2,5% de l’humanité et les civils en ont payé un lourd tribut (65% des morts contre 22% du côté des militaires). De nos jours, on ne cherche plus à s’en prendre à une armée, mais à toucher des valeurs, à blesser des libertés.

La plus grande des armées ne peut rien face à la détermination d’un aficionado endoctriné pour nuire. Parlons-en de cette MST qui gangrène nos sociétés. Le terroriste, ce soi-disant poilu moderne, cherche à s’imposer par la force pour combler un certain complexe d’infériorité. Exhibitionniste comme un campeur au Cap d’Agde, il s’expose plus sur Internet que ta petite sœur sur Snapchat. Facebook ou Twitter, il est hyperconnecté. Avec sa barbe, on se méprendrait presque à la confondre avec un hipster-geek. Publicitaire, vidéaste et Community Manager, il sait comment propager sa foi et la « parole » d’Allah sur le net. Il manie si bien la caméra et la vidéo de propagande que Norman en serait presque jaloux.

Parce qu’il se voit déjà mort, il est épris du besoin de propager sa vision. Il souhaite partir en martyr. Étymologiquement parlant, il faut souffrir pour partir en martyr. Quelle souffrance ressent-on en un millième de seconde, quand notre chair mélangée à de l’explosif vient éventrer des enfants et des familles n’aspirant qu’à la joie de vivre ?

Qui y’a-t-il dans l’esprit de ces hommes et de ces femmes au moment de passer à l’acte ? Ont-ils des doutes, ont-ils peur ? Ont-ils cette boule au ventre que j’ai eu la première fois que j’ai dit je t’aime à une femme ? Leur foi est-elle si dérisoire pour les mener au suicide ? Le suicide, qui n’est autre qu’un lâcher-prise, un renoncement, un abandon.

Les mots ne sont que des mots. Et rien n’estompera ces maux. Quand la détermination mène à l’extermination. On dit que le mal est fait quand une chose a été faite et qu’on ne peut l’éviter. Mais au lieu de répandre le mal, on devrait propager le bien. Dire enfin ce qu’on pense. Avouer les choses aux gens qui nous plaisent sans avoir de remords. Et quand le bien est fait, le mal est faible.

Tu regardes bêtement les infos, les news tombent, la haine notifiée.

Le monde vacille et part en vrille. Si l’horreur est humaine, déshumanisez-vous !

Si la mode c’est faire le mal, démodez-vous et par dessus tout, aimez-vous !

Jonathan Beck